"L’ESPOIR EURO"
Par Lorenzo GRASSI
 
Il aura fallu près de quarante années pour que les Etats de la Communauté Européenne s’accordent sur la mise en place d’une monnaie unique destinée à cimenter leurs rapports économiques et financiers au sein d’un marché devenu commun.

Nous sommes aujourd’ hui contraints d’avouer que l’existence de cette nouvelle monnaie provoque un certain scepticisme de la part du vieux continent. Evidemment, comme toujours, l’inconnue inquiète.

Pourtant, les spécialistes de Bruxelles tentent depuis quelques années de rassurer chacun sur les effets de l’Euro. Ils n’hésitent pas à promettre des lendemains et des jours de gloire économiques rendus possibles par la magie de la monnaie unique.

Il est vrai que la simplification tarifaire sera sans aucun doute efficace, que les paiements inter-nationaux seront facilités, que le jeu des dévaluations calculées et injustes sera définitivement éradiqué et que nous pouvons croire en une véritable harmonie financière effective.

Néanmoins, quel prix aura-t-il fallu payer?

En effet, nous pouvons considérer que la naissance de l’Euro aura freiné le développement économique des nations. Les critères imposés ont contribué à ce que les gouvernements limitent leurs actions en matière de relance.

A l’heure actuelle nous sommes donc dans l’obligation d’attendre et de voir. L’Euro ne peut pas être considéré comme étant le remède miracle à la solution économique Européenne, mais il ne faudrait évidemment pas qu’il se découvre comme un accélérateur du chômage. La polémique se situe à ce niveau. Pour les pays les plus frappés par ce cancer social, il n’y a plus d’erreurs possibles.

Toutes les interrogations se posent en matière de compétitivité mondiale. L’Euro sera t-il pour l’Europe l’instrument idéal pour concurrencer l’hégémonie du dollar américain ?

A ce sujet, il ne faudra pas compter sur une entente Euro-Dollar mais plutôt sur de rudes batailles sur les marchés monétaires.

L’expérience montre qu’en ce domaine, la puissance américaine n’a jamais été fragilisée depuis la seconde guerre mondiale.

Dans un contexte mondialiste de l’économie, il faudra veiller à ce que les équilibres monétaires soient des plus solides afin que les trois zones Euro-Asie-Dollars ne provoquent une crise aux conséquences irréversibles !


LA CRISE IRAKIENNE A MODIFIE LA DONNE
 
La crise irakienne a entraîné une nouvelle donne diplomatique dans un monde arabo-musulman mouvant, où les frères ennemis d’hier ébauchent un prudent rapprochement face aux Etats-Unis et à Israël.

Le président Saddam Hussein en bénéficie le premier, dont les émissaires ont été accueillis avec égards dans la plupart des capitales arabes et à Téhéran. Ces mêmes capitales ont refusé que Washington utilise leurs facilités militaires pour frapper l’Irak.

Même si ses voisins se méfient encore de lui comme de la peste, Saddam Hussein n’est plus considéré comme un paria dans la région.

«La plupart des gouvernements arabes se seraient réjouis en privé que les Etats-Unis se débarrassent de Saddam. Mais ils sont réalistes et, voyant que cela n’était pas envisagé, ont préféré anticiper en serrant les rangs derrière Saddam Hussein», confie un ambassadeur arabe en poste à Londres.

«Certains d’entre eux sont en outre préoccupés par le risque d’une implosion ou d’une désintégration de l’Irak, où le vide du pouvoir aspirerait alors la Turquie et l’Iran.»


CRISE FINANCIERE EN ASIE : CHAUD ET FROID EN EUROPE
Par Lorenzo GRASSI
 
Depuis quelques semaines, les places boursières mondiales n’ont d’attention que pour les marchés asiatiques, victimes de sérieuses turbulences financières. Les décideurs occidentaux s’accordaient à penser que la chute brutale des marchés de l’Asie ne provoquerait pas de remous ni de répercussions sur la santé économique de la planète.

Néanmoins, quelques indicateurs significatifs sont venus nuancer ces prises de position. En effet, des projets d’implantation d’usines et d’industries Coréennes et Japonaises en Europe ont été tout simplement abandonnés entrainant ainsi un impact social non négligeable. Il est évidemment trop tôt pour évaluer les conséquences de la crise sur les exportations européennes en direction des pays du soleil levant. Tous les spécialistes affirment que les taux de croissance à venir pour l’année 1998 ne dépasseront pas 2 % dans les régions les plus touchées par le Krach. L’Europe devrait en subir quelques conséquences, mais paradoxalement en tirer aussi quelques avantages. Les flux financiers jusqu’ alors orientés vers la croissance asiatique vont désormais se diriger vers des marchés plus sûrs, tels que ceux éxistant sur le vieux continent, moins rentable mais plus tranquille. L’arrivée de la monnaie unique Européenne sur le marché mondial sera un gage de stabilité que les grandes puissances indus-trielles apprécieront.

A l’heure actuelle, les informations traitant du sujet sont pour le moins floues et imprécises. Le monde politique souffle le chaud et le froid. L’Europe reste une spectatrice attentive, consciente de sa modeste condition d’arbitre. Encore une fois, ce sont les américains qui décideront du sort des marchés mondiaux. Il est néanmoins certain que les Etats-Unis n’ont aujourd’hui aucun intérêt à laisser se péren-niser une situation instable en Asie. Un nouvel équilibre économique mondial est peut-être en train de se créer. Une répartition plus juste de la richesse en sera t-elle le fruit ?


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