Tempête sur les bourses mondiales
Par Lorenzo GRASSI
Crise en Asie, vue de l’Occident
Pour les observateurs spécialisés dans les domaines de la finance et de l’économie, le phénomène boursier Asiatique de ces derniers jours, a été pour le moins surprenant.

L’Europe, depuis maintenant près de 20 ans, ne voyait dans les économies Asiatiques qu’une source de développement et de rentabilité inébranlable.

En effet, nous nous étions habitués à regarder les pays du soleil levant avec concupiscence et convoitise, devant leurs taux de croissance annuels. Nos pays occidentaux, anesthésiés par le poids des systèmes sociaux, ne pouvaient imaginer des taux de croissance à deux chiffres que dans les pays de l’Asie. Et cela pour longtemps...

Les bourses Asiatiques, après avoir chuté spectaculairement, entraînaient la plupart des marchés mondiaux dans leur effondrement. A vrai dire, en France, les réactions et les commentaires ont été plutôt orientés vers l’apaisement et le recul.

D’une voix commune, nos responsables politiques ont su appréhender ce problème avec une rigueur et une clarté aussi inhabituelle que digne. Le ministre de l’économie et des finances, Monsieur Strauss-Kahn, n’a cessé, au cours de ses multiples interventions de rassurer les milieux d’affaires et financiers sur l’évolution de la crise boursière en Asie et sur ses conséquences sur les économies occidentales.

En effet, le risque pour un pays comme la France était de voir ses perspectives nouvelles de forte croissance complètement anéanties. A notre grande

satisfaction, il n’y a pas eu dans le monde occidental de mouvements de panique financiers. Cet état de fait est assurément la résultante d’une confiance retrouvée de la part des grands décideurs économiques installés sur le vieux continent.

La France renoue aujourd’hui avec des facteurs d’économie sains, les indicateurs sont quasiment tous positifs et c’est pourquoi la crise des bourses Asiatiques n’a pas entrainé de tempête et de remous inconsidérés dans nos frontières.

De nombreux observateurs ont d’ailleurs estimé que la crise Asiatique était vraisemblablement nécessaire pour l’équilibre de l’économie mondiale. Pour eux, la redistribution de la croissance globale et planétaire va pouvoir maintenant se répartir plus équitablement entre l’Occident et l’Orient.


FMI-BM: risques et bienfaits de la libre circulation des capitaux
La liberté des mouvements de capitaux, future prérogative du FMI, a été au centre des interventions des pays industrialisés mais aussi des inquiétudes des pays émergents lors de l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque Mondiale à Hong Kong en décembre dernier.

Au cours de ces réunions, le FMI a obtenu le principe d’un amendement à ses statuts qui va lui permettre de promouvoir la libre circulation des capitaux.

En clair, il s’agira d’aider les pays émergents à supprimer petit à petit les barrières imposées aux investisseurs étrangers ou bannir les contrôles des changes. L’enjeu est considérable : les flux de capitaux privés vers les pays émergents se sont multipliés par six depuis 1990 pour atteindre quelque 235 milliards de dollars l’an dernier.

En pleine tempête financière en Asie, l’idée suscite quelques réticences.

Le FMI est conscient des risques et des réticences et il envisage une libéralisation "ordonnée" et "prudente", a indiqué son directeur général Michel Camdessus. Ainsi "dans des circonstances exceptionnelles", certains pays pourront ", avec l’approbation du FMI, imposer des restrictions provisoires" à cette libre circulation des capitaux.

Le ministre chinois des finances Liu Zhongli a, quant à lui, expliqué qu’il fallait «éviter toute précipitation et donner suffisamment de temps aux pays membres afin qu’ils étudient les problèmes qui sont liés» à la liberté totale des flux de capitaux. La Thaïlande, dont la monnaie s’est dépréciée de 30% par rapport au dollar depuis début juillet, s’est montrée particulièrement nuancée. «Vu la complexité et la sensibilité de la question, nous serions plus à l’aise si le Fonds agissait de manière plus prudente et graduelle», a lancé Thanong Bidaya, ministre des finances. Le FMI ne doit pas «obliger les pays membres à libéraliser», a-t-il dit.


L'Europe et "l'employabilité"
Le mois de décembre aura été l'occasion pour les chefs d'états et de gouvernement des quinze nations composant la communauté européenne de se retrouver à Luxembourg pour s'obliger à l'examen du douloureux dossier de l'emploi.

L'Europe souffre d'un mal récurrent depuis une vingtaine d'années qui touche inégalement les différents pays la composant. Ils vont redéfinir des mesures actives apportant aux chercheurs d'emploi des pistes viables et efficaces. Par exemple, améliorer les chemins de la réinsertion professionnelle, en développant l'esprit d'entreprise, encourager la capacité d'adaptation des travailleurs et des entreprises, par la voie de l'annualisation du temps de travail, la baisse des heures supplémentaires et l’augmentation du temps partiel.

Leur objectif est de créer 12 millions d'emplois et de réduire le taux de chômage en Europe à 7 % en 5 ans.

Ces déclarations d'intention feront encore une fois l'objet d'une attention particulière quant à leur réalité sur le terrain.

Tous les indicateurs économiques en Europe sont au vert, il serait dommage qu'une partie de la population n'en cueille pas les fruits.


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